Good Omens : l’Apocalypse n’est pas pour demain !

C’est du moins ce qu’ont décidé Aziraphale, ange de son état, et Crawling, démon indécrottable. Ces deux loustics se connaissent depuis 6000 ans, ils œuvraient déjà au sein du paradis terrestre, ils se croisent depuis avec une régularité de métronome au travers des incidents qui émaillent l’histoire des humains, et, ma foi, ils l’aiment bien cette vie terrestre, trop pour laisser les forces surnaturelles des deux bords la réduire à néant. Ils vont donc agir en conséquence et concrétiser par tous les moyens ces Good Omens, ces bons présages qui titrent la nouvelle série de BBC Two et Amazon Prime Video.

La mini saga en six épisodes d’une heure chacun environ découle du roman du regretté Terry Pratchett et de Neil Gaiman, qui endosse l’adaptation télévisuelle de cet incontournable de la littérature fantasy paru en 1990. Un véritable succès qui anticipe celui du héros de J.K.Rowling en narrant les aventures de ce couple angélico-démoniaque d’autant plus solide qu’il est à la source improbable. A l’écran et sous l’œil du réal Douglas Mackinnon, cela donne un délire à sensations multiples, en écho à un autre succès d’Amazon Prime à savoir American Gods, un mix entre Mary Poppins, La Malédiction, Le Club des cinq et les Monty Python, le tout saupoudré d’humour à l’anglaise et d’effets spéciaux aussi sympa que décalés.

L’ensemble ne bouleversera pas les esprits, loin s’en faut. On ne ressort pas du visionnage de Good Omens comme on le ferait de GoT, secoué, retourné, sans plus aucun repère et en manque des personnages comme de l’univers décrit. Il n’en demeure pas moins que nos deux compères sont très attachants par leurs petits travers (l’un adore la bonne cuisine et les vieux livres, l’autre les Bentley de collection et Queen), qu’ils forment un couple fidèle qui annule la dichotomie Bien/Mal, et qu’ils rappellent avec férocité, tendresse et ironie que la vie vaut la peine d’être vécue. A ce titre, Michael Sheen et David Tennant se complètent harmonieusement.

Et leur duo n’est pas sans rappeler celui de Danny Wilde et Brett Sinclair dans une approche biblique d’Amicalement votre vs l’Antéchrist. Un Antéchrist aussi juvénile que plein de sagesse, parfaite antithèse de ce sale gosse de Damien ou plus récemment du tentateur blond et cruel de la version d’AHS 8. Quant aux Cavaliers de l’Apocalypse (désormais à moto), aux légions infernales et aux cohortes séraphiques, ils sont renvoyés dans leurs foyers respectifs, une manière de rappeler que c’est à l’Homme de faire ses choix sans s’embarrasser de tout ce cirque. Est-ce par hasard que la voix de Dieu, narrateur de ce joli conte, est celle de Frances McDormand ?

Un conte donc, une histoire un peu dingue à raconter le soir, pour se rappeler que l’Homme peut être meilleur s’il le désire. Si un ange et un démon peuvent l’être, pourquoi pas lui ?

Et plus si affinités

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