God help the girl : l’escapade mélodique d’une fragile emmerdeuse ?

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C’est un été en demi teinte qui commence, Glasgow se colore de torpeur ensoleillée tandis que la nature éclot les amours qui finissent l’enfance. Ces amours douloureuses qui charment, blessent et endurcissent les coeurs. C’est un été hors du temps, l’été où Eve s’apprête à débouler dans la tranquille existence de James :

God help the girl permet à Stuart Murdock d’offrir un socle narratif aux compositions qu’il n’a pas produites avec son groupe Belle and Sebastian. Une escapade mélodique qu’il organise de telle sorte que les compositions expriment, tissent et ponctuent cette quête d’elle même que l’héroïne entreprend. Pour échapper à l’anorexie mentale qui la dévore. Pour faire naître ce talent musical qui l’habite. Pour s’accomplir, quitte à tout dévaster dans son sillage, l’amour de ce garçon adorable, le groupe qu’ils montent ensemble, le succès qui ouvre les bras à tant de foi et de spontanéité.

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Une fragile petite emmerdeuse ? Ou une gamine perdue et fissurée ? Comment un Mike Leigh, un Stephen Frears auraient-ils investi pareil sujet ? Stuart Murdoch choisit quant à lui de filmer un conte moderne en 16 mm, qui s’abreuve à l’imagerie vintage des 60’s. Françoise Hardy, The Avengers, Jacques Demy … « Si tu veux grandir, il faut le faire toi-même » chante la pernicieuse et adorable Eve, tentatrice et damnée. Grandir oui mais à quel prix ?

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Pour alimenter son propos, Murdoch oppose au parcours d’Eve (la très féline Emily Browning) le regard pur et sans compromission de James, musicien passionné que la réussite sociale n’aveugle pas, bien au contraire (Olly Alexander, parfait dans son interprétation d’amoureux transi). Qui ici perd son âme ? « Dress you up » qui souligne le générique de fin marque le part pris du réalisateur. Et l’on se demande si tout ceci ne sent pas son vécu, l’éternel affrontement entre l’artiste carriériste et le créateur viscéral.

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Le tout offre un apologue, une historiette simple, une parenthèse désenchantée sur la tristesse des projets et des relations avortées. De cette musique sucrée salée qui font transparaître les ressorts égoïstes d’Eve et les désillusions de son amant éconduit, retenons des joyaux de douceur comme « Eve in the tub » ou le magnifique « I want your jeans », ainsi que l’interprétation de très grande qualité de ces jeunes acteurs plein de fougue et de nuance. 

Merci à Benjamin Getenet pour son regard et sa perception.

Et plus si affinités

http://www.mk2.com/films/god-help-the-girl

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