Gemma Bovery : Mais où est donc passée notre Emma ?

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Dans la Normandie de Flaubert, un couple d’anglais, les Bovery, viennent perturber Martin le boulanger venu vivre en province une existence tranquille. Passionné de littérature, celui-ci n’y voit pas une simple coïncidence, il s’engage dans ce nouveau chapitre de l’histoire de Flaubert. Non,Gemma Bovery ce n’est pas une énième adaptation du chef d’œuvre de notre littérature française, mais l’adaptation d’une adaptation, à savoir le roman graphique de Posy Simmonds. Anne Fontaine ne cherche donc pas à faire un film sur une œuvre littéraire, elle essaie de réaliser un film littéraire sur l’œuvre de Flaubert.


Une chose est certaine, l’ombre de Flaubert ici n’est pas écrasante. Le film ne se voulant pas une retranscription, l’œuvre initiale n’est pas abimée. Cependant elle n’est pas non plus sublimée et demeure parfois dénaturée. Quiconque a pris le temps de lire Madame Bovary de Flaubert a été touché. On ne peut rester indifférent au génie de son auteur composant un livre sur rien, si ce n’est une femme rêvant sa vie (ou alors on le fait exprès, par contradiction).

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Luchini, dont les spectatrices vont rapidement tomber amoureuses, nous transporte par son goût des mots, des femmes, sa diction parfaite et si singulière. Habitué aux films littéraires avec Rohmer et aux films sur la littérature avec Alceste à bicyclette ou Dans la maison, il rend une nouvelle fois hommage à notre langue. Celui que Carrère cite dans son nouveau livre comme un Nietzschien admiré nous fait rêver du début à la fin. Si vous n’avez pas été transporté par le livre de Flaubert, écoutez Fabrice lire la lettre d’adieu à Emma, vous ne pourrez rester indifférent.

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Gemma Arterton est quant à elle trop belle, trop séduisante et trop sexuelle. Sa beauté à couper le souffle et sa sensualité sans pareil étouffe l’histoire. Où est passée notre Emma rêvant sa vie ? Ici Gemma enchaîne les histoires, elle est trop spontanée pour représenter une femme souffrante. Loin de la profondeur de l’héroïne de Flaubert devenue un archétype, on la cherche tout au long du film, sans presque jamais la retrouver. L’éternelle insatisfaite si bien décrite n’est ici qu’une capricieuse ne sachant pas choisir.

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Tel Rodolphe il faudrait conclure ainsi :

«  Je serai loin quand vous lirez ces tristes lignes ; car j’ai voulu m’enfuir au plus vite afin d’éviter la tentation de vous revoir. Pas de faiblesse ! Je reviendrai ; et peut être plus tard nous causerons ensemble très froidement de nos anciennes amours. »

 

Et plus si affinités

http://www.gaumont.fr/fr/film/gemma-bovery.html

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