FTL (Faster Than Light) : from here to eternity

En continuant sur le chemin des petits jeux qui font leur existence loin des gros éditeurs (et des budgets qui vont avec) on trouve FTL – acronyme de Faster Than Light : plus vite que la lumière – un petit jeu de gestion/stratégie sorti il y a quelques mois et financé par Kickstarter. Réalisé par Matthew Davis et Justin Ma, le jeu nous propose de gérer un vaisseau et son équipage : il s’agit en effet de se rendre d’un point à un autre sans finir en charpie entre temps – ou tomber en panne au milieu de nulle part. On navigue ainsi d’étoile en étoile, chaque escale étant l’occasion d’un événement aléatoire : un combat, une rencontre plus pacifique, le but étant évidemment de gérer son carburant – qui a la fâcheuse tendance à se consumer comme peau de chagrin – l’intégrité de son vaisseau, et d’équiper ce dernier de la façon la plus adéquate possible pour faire face au boss final.

Au gré de ce voyage, on trouve aussi des stations commerciales, qui en plus de nous permettre de réparer les dommages causés par d’éventuelles rencontres musclées, proposent certaines améliorations spécifiques, des membres d’équipage supplémentaires, le tout se moyennant à l’aide de déchets récupérés sur les différents vaisseaux qu’on a réduits en miettes ou lors d’événements dont l’issue est laissée au hasard. On est également amenés à croiser différentes races extra-terrestres (pacifiques ou non), autant d’occasions d’explorer un univers brossé en quelques traits précis, intelligemment tracés, qui nous propose sans cesse des choix qui sont autant de prises de risques – on apprend à estimer les différentes possibilités d’une situation et à les évaluer comme on le ferait dans un jeu de rôle sur table dont on retrouve quelque part certaines sensations.


Avec ses grandes nappes sonores, FTL participe de ce rêve de l’espace qu’a formulé le jeu-vidéo : les graphismes ont beau être d’une extrême simplicité, on se sent flotter entre deux nébuleuses, enveloppé par le silence ponctué des cliquetis des machines, la lumière épaisse des écrans de bord venant lécher les parois de métal du vaisseau. C’est bien la réussite de ce titre que d’avoir réussi à recréer cet imaginaire et de rendre l’ambiance d’un Eve ou d’un X3 avec de tout petits moyens. Ce voyage, différent à chaque fois (généré par une procédure qui en change la structure à chaque partie), avec son esthétique du plan qui nous donne l’impression grisante d’être devant un ordinateur de bord, à piloter le vaisseau et donner divers ordres aux membres de son équipage, nous plonge dans cette belle mise en abîme qui fonctionne à merveille. Entre un Legend of Grimrock et un Binding of Isaac, FTL est un franche réussite, qu’on n’a pas fini de parcourir.

Et plus si affinités.

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