Film : L’ombre du vampire – E. Elias Merhige – 2000

Le Nosferatu de Murnau demeure la référence en matière de film vampirique. Hypnotique et terrifiant, alors que pas un mot ne sort de la bouche de ses personnages. Un film muet qui va ancrer profond les fondations du cinéma fantastique pour le reste des temps.

Avec comme figure de proue un certain Max Schreck, acteur hallucinatoire dont l’ombre règne depuis, encore et toujours, sur l’interprétation de ses héritiers postulants au rôle de comte des ténèbres. Tellement convaincant qu’on s’est un temps demandé s’il n’était pas effectivement mort vivant.

Et le metteur en scène Merhige de s’inspirer de cette légende tenace pour tourner L’ombre du vampire. Ou comment Murnau, réalisateur génial mais complètement fou, entraîne toute son équipe de tournage (on est dans  1922, donc les moyens sont plutôt précaires) au fin fond d’un château en ruine paumé en région montagneuse éloignée de tout et visiblement tchécoslovaque avec sur site un Max Schreck qui soit disant y a pris ses quartiers en avance pour se plonger dans son rôle.

Et soudain les différents membres de l’équipe de disparaître les uns après les autres, toujours de nuit, tandis que les relations entre le réal et son acteur principal se détériorent scène après scène. Vous l’aurez compris selon la version de Merhige, Murnau aurait vraiment pactisé avec le diable, vendant son âme, son actrice et ses techniciens au monstre pour signer le chef d’œuvre absolu.

Et le pire, c’est que ça tient, et ça tient bien. Car le tout est situé dans une Allemagne portant en germe le cauchemar nazi, car le scénariste Steven A. Katz a concocté une série de protraits drolatiques tel le producteur joué par Udo Kier (interprète lui-même d’un comte Dracula 70’s particulièrement porté sur la chose sous la direction du très sulfureux Paul Morissey) ou la très talentueuse, capricieuse et défoncée comédienne Greta Schroeder jouée par Catherine Mc Cormack.

 De tous ces monstres créatifs drivés bille en tête par un Murnau que John Malkovitch irradie de sa démesure, Max Schreck est le plus humain, sous les traits à la fois durs, défaillants et sensibles de Willem Dafoe. On savait le comédien excellent, il le prouve une nouvelle en posant un seigneur d’un autre âge, sachant sa disparition proche et désireux de laisser son empreinte, sa trace alors que les vestiges de son monde vont être impitoyablement détruits par la tourmente qui s’annonce.

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