Festival Ecrans Britanniques Rush 5 / From Byker to I’m with you – Le travail de Sirkka-Liisa Konttinen et du collectif Amber

27 ans séparent ces deux films … et plus encore puisque la finlandaise Sirkka-Liisa Konttinen commencera à photographier le quartier ouvrier de Byker – Newcastle à la fin des années 60. Elle s’y installera au milieu d’une communauté qui l’accueille en son sein et où elle capte les joies et les peines d’une vie rude.

Insalubre, le quartier sera finalement rasé, ses habitants disséminés. Une fois reconstruit, Byker accueillera d’autres occupants, d’anciens habitués certes mais aussi beaucoup d’immigrés, devenant ainsi un village monde où se mêlent les cultures, les langues et les êtres.

 

 

Destins tragiques, simplicité du quotidien, luttes pour la simple survie, petits bonheurs, … ces deux films sont d’une force rare par le prolongement qu’ils offrent. Conçues en noir et blanc comme un montage des photos de Sirkka assorti de films et de bandes sons, ces 52 minutes dévoilent le quotidien des ouvriers, leur sens du partage, l’entraide intergénérationnelle et l’ancrage farouche dans un lieu prédestiné.

I’m with you reprend le premier film là où il s’était arrêté, retrouvant certains des visages qu’on voit dans Byker, en découvrant d’autres, au travers des peurs, des solitudes, des exclusions, des réussites. Le lieu a changé certes, les visages ont vieilli, Sirkka a changé d’appareil photo et ses gestes sont beaucoup plus assurés, …les habitations sont plus spacieuses, il y a le chauffage et les sanitaires, l’électricité, mais l’entraide ? Est-elle encore là ? Et Sirkka de partir en quête de ces rapports humains qui définissent la vie sociale.

A eux deux ces documentaires portent beaucoup : la mémoire d’un quartier emblématique, la quête d’une artiste, la force et la fragilité du tissu social, le vécu d’individus. On est saisi de voir que les problématiques demeurent les mêmes, la solidarité intacte : à trois décennies d’écart, le chagrin de cette anglaise racontant la mort de son enfant trouve écho dans celui de cette africaine qui veut protéger sa fille de l’excision.

C’est beau, simple, poignant, … mélancolique, non, chargé d’espoir, sans conteste. On retrouve par moment un peu de la force de Distant Voices (la musique et le chant sont omniprésents dans ces vies croisées), des films de Ken Loach, un formidable appétit de vie et le désir tout simple d’être tranquille. On y décèle également la force de frappe du collectif Amber dont le travail a été reconnu d’ « une valeur exceptionnelle » et inscrit au patrimoine mémoriel mondial de l’UNESCO. Avec raison.

Et plus si affinités

 

http://www.amber-online.com/exhibitions/byker

http://www.bbc.co.uk/programmes/b00tr1gh

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