Festival d’Avignon Day 4 : Tchernobyl et un pyromane soufflent un vent de poésie

L’Herbe de l’oubli au théâtre des Doms

Il faut s’enfoncer en haut d’une impasse pour découvrir le magnifique théâtre des Doms, accolé au rocher et jardin du même nom, et aller voir une pièce sur un peuple oublié, celui de Tchernobyl. L’Herbe de l’oubli, du collectif Point Zéro, est une fable poétique fondée sur des témoignages de rescapés.

Ces récits convoquent notre imaginaire à travers une scénographie particulièrement prenante où des marionnettes à taille humaine personnifient ces citoyens invisibles. Ils s’avancent vers le public, au milieu des gravats, sans dire un mot alors que les comédiens délivrent la parole récoltée sur place dans la zone d’exclusion en Biélorussie. Saisissant ! Des marionnettes notamment d’enfant qui n’ont presque plus figure humaine, ce qui ajoute au drame vécus par ces habitants.

La compagnie Point Zéro basée à Bruxelles et menée par Jean-Michel d’Hoop, utilise aussi la vidéo, dans une démarche de théâtre documentaire, et tente de rendre vivant ces êtres qui mènent une guerre invisible contre les radiations, dans une réalité impalpable. Une population de seconde zone qui devra vivre avec cette catastrophe des centaine de milliers d’années, c’est le temps pour que les déchets enfouis dans la terre qu’ils cultivent disparaissent.

Cendres à la Manufacture

Autre sujet, même traitement. A la Manufacture ou plutôt à la patinoire d’Avignon transformée en hangar, la Compagnie Plexus Polaire présente son magnifique Cendres qui pousse encore plus loin l’usage de l’imaginaire pour décrire la catastrophe.

Cette fois ci, les marionnettes sont omniprésentes sur le plateau, ou plutôt un personnage, Dag, et son bidon d’essence, qui met le feu à tout un village, celui de ses parents, dans le Sud de la Norvège. En parallèle, un écrivain torturé se saisit de cette histoire pour en faire une matière narrative, plusieurs décennies plus tard.

Les destins se croisent, dans un récit sans paroles qui laisse la part belle à la réflexion sur la folie des hommes. A travers cette création, Plexus solaire, fondée par la Norvégienne Yngvild Aspeli, également auteur de la pièce, montre comment il est possible de trouver de la beauté dans l’horreur et rendre sa part d’humanité à l’homme : une merveille !

Et plus si affinités

http://www.avignonleoff.com

Commentaires

commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.