Festival d’Automne – Inoah de Bruno Beltrão au Centquatre : inventivité gestuelle

Le Centquatre-Paris nous a convié à découvrir la pièce du chorégraphe brésilien Bruno Beltrão, Inoah, créée l’an dernier à Marseille. Le titre renvoie probablement au nom de la localité carioca où est basée la petite troupe.

Pas évident de tenir une cinquantaine de minutes avec force prouesses techniques, nombre d’acrobaties inédites et une telle quantité de trouvailles gestuelles sans le moindre temps mort. Et il faut reconnaître qu’au bout d’une demi-heure, lorsque l’obscure clarté stellaire – voulue par Renato Machado – point, que se fond totalement l’infrabasse de la superbe B.O. – signée Felipe Storino –, notre attention, maintenue par le fait d’avoir à accommoder durant une assez longue période, à mettre au point l’instrument de notre vision, faiblit. Pour des raisons psychosensorielles, sans doute et d’autres, également, dues à la structure du ballet.

Avant de retomber – du fait même des chutes violentes et, selon nous, inutilement dangereuses qui ne cessent d’émailler le deuxième mitan du show – dans un travers déjà constaté au temps du Grupo de Rua, le chorégraphe nous a épaté par son inventivité gestuelle et la variété de ses figures et de ses enchaînements. L’aspect macho, carcéral et martial (les mouvements n’ont plus rien à voir avec une capoeira suggérée plutôt par le frottement de corde d’une gunga) prévaut dans cette partie nettement expressionniste, explicite et parlante de la proposition – aucune femme ne constitue l’avenir pour les « dix gladiateurs » en lice. Mais à aucun moment on a l’impression d’assister à un spectacle hip hop, tant Bruno Beltrão a renouvelé le vocabulaire issu des « quartiers ».

L’usage de la vidéo est modeste, limité à suggérer un ciel perçant le pinacle des hautes murailles du huis clos théâtral, sous la forme d’une bandelette de nuages mouvants barrés, côté cour, d’un fil de fer barbelé. Elle ne vise pas vraiment à animer la chose et contribue certainement à plomber l’ambiance. Les dix interprètes sont exceptionnels. Avec eux, on découvre une nouvelle façon de marcher. D’autres rythmiques corporelles. Une énergie canalisée par l’art minimal. Plus qu’un look, une attitude, une manière de bouger : un style véritable. La novation en danse urbaine existe. Nous l’avons rencontrée.

Et plus si affinités

http://www.104.fr/fiche-evenement/bruno-beltrao-inoah.html

Commentaires

commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.