Festival d’Aix en Provence : LA TRAVIATA – Verdi

Le 22 juillet, Olinda Coïa chroniquait pour vous la retransmission d’Aïda aux Chorégies d’Orange sur France 2. Fidèle à sa promesse, elle a repris son poste de vigie télévisuelle, s’attaquant cette fois à un autre chef d’œuvre du compositeur, à savoir La Traviata, cette fois-ci mise en scène sur les planches du Théâtre de l’Archevêché d’Aix en Provence.

Autre lieu, autre ambiance : plus d’amphithéâtre romain, c’est dans une cour de palais que le festival se déroule depuis maintenant 1948, avec à l’origine la délicate mission de redorer le blason culturel français mis à mal par l’Occupation. Une mission pleinement remplie puisque le festival est aujourd’hui un incontournable de la saison lyrique internationale avec Salzburg.

Au programme de notre course aux retransmissions, un nouveau Verdi donc, mais dans une ambiance intimiste. Bye bye les espaces monumentaux avec projection et centaines de figurants, La Traviata d’Aix propose une version moderne et très dramatique de l’opéra interprétée par une Nathalie Dessay au mieux de sa forme.

Retour sur image signé Olinda Coïa.

D.N.

Natalie Dessay (La Traviata : Aix 2011. Photo Pascal Victor / Artomart)

 

Natalie Dessay (La Traviata : Aix 2011. Photo Pascal Victor / Artomart)

Natalie Dessay (La Traviata : Aix 2011. Photo Pascal Victor / Artomart)

Comme promis, j’étais devant mon écran pour la diffusion par ARTE de  LA TRAVIATA de Verdi pour le festival d’Aix en Provence.

Verdi à Aix est déjà une nouveauté. Ce musicien a rarement été programmé dans ce festival.  Et je dois vous l’avouer, cette soirée restera parmi celles qui m’ont marquée, émue, touchée aux larmes.

LA TRAVIATA c’est l’histoire d’une courtisane, Violetta, jeune, belle, atteinte de tuberculose. Elle sait qu’elle va mourir. Elle rencontre un jeune homme de la bourgeoisie nommé Alfredo et c’est le coup de foudre. Malheureusement, le père de ce jeune homme ne permet pas cette relation pour des raisons morales et matérielles. Il demande à Violetta de quitter Alfredo pour ne pas compromettre sa réussite, ce que Violetta fera par amour, se laissant ainsi mourir.

C’est le résumé succinct de l’action.

J’ai de nombreuses fois vu cet opéra, qui est une œuvre forte, magnifique et qui demande, comme tous les opéras de Verdi, de grands interprètes. Tout de suite, dès les premières mesures, j’ai senti qu’il se passait quelque chose. A l’arrivée des deux protagonistes : Violetta (Nathalie Dessay) et Alfredo (Charles Castronovo) les choses se sont concrétisées.

Ces deux là sont faits l’un pour l’autre et nous le ressentons dès qu’ils chantent. On oublie assez vite l’option « théâtre dans le théâtre » adopté par le metteur en scène qui présente l’action comme un spectacle en train de se répéter. Les deux chanteurs captent vite toute l’attention car ils sont également acteurs. C’est assez rare dans l’art lyrique de trouver cette osmose entre le chant et le jeu.  Peu de chanteurs lyriques sont capables de jouer et de chanter ce qu’ils jouent. Ils sont souvent statiques  et seul le chant et l’interprétation vocale font passer les sentiments.

Maria Callas maîtrisait pleinement ces deux aspects. Nathalie Dessay est aussi coutumière du fait. Pour elle jouer et chanter est un tout. Cela se voit et s’entend. J’ai été prise « aux tripes » pendant tout l’opéra.  Une vraie harmonie entre la  scène, les interprètes, l’orchestre et moi. Je dis moi car j’étais seule devant ma télé. Mais je l’ai senti, c’était la même chose pour les spectateurs de l’Archevêché, conquis par une direction musicale irréprochable et des chœurs de toute beauté.

J’ai survolé quelques critiques visiblement peu enthousiastes, des « puristes » et des « spécialistes » je pense. Les spectacles d’opéra ne  sont pas seulement des exercices lyriques de  virtuoses qui, en ce qui me concerne, ne me satisfont pas entièrement. C’est un tout et nous devons « sentir » et « être ». Ce fut le cas ce soir là.

Nathalie Dessay a même pris le parti de se vieillir pour la fin de l’opéra. En effet, la maladie de Violetta s’est tellement aggravée que c’est une vieille femme malade et mourante qui chante cette fin de l’opéra (seul Visconti à ma connaissance avait osé montrer l’héroïne de cette façon dans une de ses nombreuses mises en scène de l’œuvre).

L’émotion a donc été à son comble et c’est une ovation qui a clos cette soirée. Ce fut une grande représentation dont je me rappellerai avec un immense plaisir.

Prochaine étape : le théâtre à Avignon et Ramatuelle.

Et pour les amateurs, les curieux et ceux que j’ai pu convaincre … la retransmission de La Traviata depuis le site d’Arte.

Et plus si affinités

http://www.festival-aix.com/

http://www.arte.tv/fr/Echappees-culturelles/Aix-en-Provence-2011/4008566.html

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