Festival 52 : parce que nous sommes puissantes …

« Apprenez qu’on ne sort de l’esclavage que par une grande révolution. Cette révolution est-elle possible ? C’est à vous seules à le dire puisqu’elle dépend de votre courage ».

Dixit Choderlos de Laclos dans le très dynamique Des Femmes et de l’éducation où l’auteur des Liaisons dangereuses botte le cul de ses contemporaines pour les pousser à sortir par elles-mêmes de la condition d’esclave où les hommes les ont enfermées depuis des siècles ; et si elles se contentent de pareil asservissement, c’est qu’elles sont irrécupérables.

Traduction en langage moderne : « Sister ! Arrête de chouiner sur ton sort, bouge tes fesses et agis ! Si tu attends que les mecs le fassent pour toi, c’est mort ! » Fort de ce principe peu agréable à entendre mais finalement fort juste, le collectif 52 a vu le jour début 2017 sous l’impulsion de Sophie Branly et Marion Vernoux. Objectif : ancrer la femme au cœur de la société moderne, et plus comme simple reproductrice béate de l’espèce mais comme moteur décisionnel et actrice.

Politique, économie, arts : majoritaires en nombre (34,65 millions de françaises pour 32,53 millions de français en 2018, selon le site Statista.com, soit 52 % de la population hexagonale d’où le nom du collectif), ces dames ont donc un poids certain et redoutable au niveau vote comme au niveau dépenses et travail. « Parce que nous sommes puissantes » annonce la plaquette de présentation du collectif. Encore faut-il s’en convaincre, et là on rame contre les vents et marées d’une éducation séculaire qui parque la PFM (Petite Fille Modèle) dans une vision ancestrale de la fonction féminine.

Heureusement les choses changent, et certaines prennent les choses en main et le mord aux dents. Sensibiliser, échanger, convaincre, organiser : le collectif 52 joue la carte de l’event fédérateur pour faire passer le message et favoriser l’ « empowerment » au féminin. Voici la ligne directrice, la raison d’être du festival 52 qui, du 12 au 13 octobre 2018, compte bien faire bouger les lignes à coups de lectures, de conférences, de débats, de projections, d’ateliers et de concerts. A l’affiche :

  • Bien sûr des œuvres et des lectures de textes, des concerts : Gloria de John Cassavetes, Lou Douillon lisant L’Origine du Monde de Liv Strömquist, Dani revisitant les textes traitant de femmes qui l’ont marquée, Marion Vernoux et Sophie Bramly s’appropriant Au Bonheur des dames de Zola, les lives de Catastrophe ou Nawel Ben Kraiem …

  • Le témoignage d’artistes comme Angès Jaoui ou Manon Garcia, preuve que la création n’est pas l’apanage des gars même si l’art au féminin demeure sous représenté dans l’univers culturel et qu’il faut être une sacrée bad ass pour s’imposer.

  • Des ateliers pour affirmer sa puissance via la posture corporelle, par exemple en dansant comme Queen B …

Voici donc une première édition ambitieuse, qui pose les jalons d’une programmation en devenir mais charge déjà de sens. Choderlos aurait aimé.

Et plus si affinités

http://www.noussommes52.org/

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