Face au diable : l’extrême entre huis-clos, drame personnel et analyse politique

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D’un côté un jeune syndicaliste éduqué et rebelle, licencié après avoir lutter en vain pour sauver son usine ; de l’autre le leader vieillissant d’un parti politique nationaliste, raciste et homophobe, extrémiste au possible. Entre eux, la petite fille du leader, jeune bourge aussi conne que perverse, malgré tout promue dauphine, un chargé de communication odieux d’ambition et une attachée de presse mystérieuse. Tout les oppose et pourtant … Face au diable on se laisse facilement séduire.

Voici la trame dessinée par Gilles Daniel dans cette websérie de 10 épisodes très courts, malsaine à souhait et profondément perturbante. Car ici c’est l’effritement des principes politiques et humanistes qu’on étudie, de part et d’autre. « Si je suis dévôt, je n’en suis pas moins homme » disait Tartuffe. Ici c’est bien le problème : les protagonistes de ce récit sont des hommes, même s’ils veulent apparaître comme des politiques, incorruptibles et convaincus.

Et c’est cette humanité qui constitue les rouages de l’intrigue ; chacun va reculer sur ses positions, car l’affect s’installe, et tous ici en jouent. Piège de l’émotionnel remarquablement exploité par les instances de propagande, une communication manipulatrice et cynique qui se joue de tout, la volonté d’utiliser la détresse des pauvres gens, leur ignorance, leurs plus bas instincts, on a le coeur au bord des lèvres et la peur au ventre tandis qu’Hugo se laisse progressivement absorber par ce système où le fric facile abonde autant que le mensonge.

Difficile de ne pas faire le rapprochement avec le paysage politique actuel, … est-ce voulu ? En tout cas la leçon est porteuse, servie par un casting de qualité, principalement Henri Guibert aussi effrayant qu’il est attachant dans son rôle de vieux lion nationaliste, aussi fragile qu’il est impérieux. Eh oui, à certains moments cet insupportable individu, on se prend à le plaindre, à l’apprécier même, … malicieusement Daniel nous prend au filet nous aussi, histoire de mettre en lumière ces dangereuses sirènes qui cherchent à nous dévorer.

Cette production, propulsée par Studio 104, a le mérite de confondre huis-clos, drame personnel et analyse politique d’une rare pertinence. Autant de raisons de visionner une série dont on attend la suite avec beaucoup d’intérêt, dans la mesure où elle se calque sur la réalité d’élections particulièrement importantes pour notre Histoire et notre société.

Et plus si affinités

http://studio-4.nouvelles-ecritures.francetv.fr/face-au-diable-2099.html

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