Exposition Rodin au Grand Palais : célébration d’un géant … et filiations improbables ?

On célèbre donc le centenaire de la mort d’Auguste Rodin (1840-1917), non les 177 ans de sa naissance comme on eût pu le faire si on avait suivi un autre calendrier que le grégorien ou compté en un autre système de numérotation que le décimal. Ce, au Grand Palais, comme il se doit et va sans dire.

Plus de deux-cents œuvres du géant de la sculpture ont été réunies, nous dit-on, pour l’occasion. Ainsi qu’une flopée de Bourdelle, Brancusi, Picasso, Matisse, Giacometti, Beuys, Baselitz, Gormley, Maillol, on en passe et des meilleurs. On a l’impression qu’il n’est plus possible de rendre hommage à un artiste sans se croire obligé de l’associer à de supposés pairs – ou à de prétendus fils, plus ou moins prodigues, légitimes ou spirituels –, ayant pour les uns en commun leur contemporanéité ou, pour les autres, le même genre de préoccupations.

Un peu comme s’il fallait abolir l’histoire en général, et celle de l’art en particulier, au motif d’inter-, multi-, pluri-disciplinarité, de trans-culturalité, de comparatisme ou de relativisme, sans trop se soucier des structures, des formes, des écarts par rapport aux normes qui, précisément, caractérisent la singularité d’un créateur. Pour un Baselitz qui tient étonnamment bien le coup, avec son Volk Ding Zero (2009) placé à côté de l’œuvre emblématique de l’auguste sculpteur, grâce, sans doute, à une même approche monumentale, brute de décoffrage, dans son traitement du motif ; pour un Brancusi, qui pousse au plus extrême l’abstraction de la figure humaine dans sa pétrification du Baiser, combien d’ornemanistes se contentant de décliner en tous sens un sujet rebattu?

La velléité exhaustive, l’obsession référentielle (y compris avec des artistes qui eurent leur quart d’heure de gloire il y déjà un certain temps, comme Beuys ou Messager), l’extraction de l’œuvre, unique ou pas, la question n’étant pas là, de son contexte (espace privé ou public, salles et jardins de l’hôtel Biron, etc.), l’illustration de problématiques extérieures à celles de l’artiste ou arbitrairement plaquées a posteriori (retouche photographique, sensibilité expressionniste d’après 1945, etc.) sont heureusement compensées par de magnifiques salles (on pense à celle tout en rouge) valorisant les œuvres, les plus connues comme celles découvertes à cette occasion.

Et plus si affinités

http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/rodin-lexposition-du-centenaire

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