Exposition : Le Siècle d’or de l’éventail du Roi Soleil à Marie Antoinette

Accessoire inutile, fantaisie ornementale, futilité absolue ? L’éventail doit-il être réduit au simple rôle de parure ? Non bien sûr, et l’exposition organisée par le musée Cognacq-Jay rend ici justice aux éventaillistes français du XVIIIème siècle, organisés en corporation et dominant la production européenne par leur savoir faire, qui surent élever leur technique au rang d’art, alors que l’éventail s’implantait à peine dans le paysage fashion hexagonal, après être venu d’Asie à la Renaissance.

Art car l’objet, augmenté d’innovations techniques et d’extensions multiples, devint plus aisé d’usage qui rehaussait le geste, la finesse élégante du poignet, l’éclat coquin ou la pudique tendresse du regard. Art car les décors peints gagnèrent en finesse, en nuance et en beauté, inspirés par le trait de grands maîtres comme Watteau ou Boucher. Art car les matériaux impliqués étaient toujours plus précieux. Art car les modèles créés rivalisaient d’ingéniosité et d’audace.

Mais les 70 pièces issues de collections rassemblées par le commissaire général José de Los Llanos et le commissaire scientifique Georgina Letourmy-Bordier apportent un regard complémentaire des plus intéressants : en représentant les grands évènements, les scènes du quotidien, l’éventail sort de l’espace dédié au raffinement et à la séduction pour devenir le miroir de l’époque et de ses temps forts, de ses ressentis et de ses projections.

Codifié dans sa forme et son usage, l’éventail constitue par ailleurs un outil de distinction sociale qui marque le rang, l’appartenance à un cercle, et relève de modes d’échanges, d’une communication propre aux derniers siècles de l’Ancien régime où le non dit compte autant sinon plus que la parole. Les modèles présentés sont prêtés par des collectionneurs privés à l’échelon européen ou des musées publics comme le musée des arts décoratifs de Paris, Carnavalet, le musée de la mode de la Ville de Paris (Palais Galliera), le musée des arts décoratifs de Bordeaux, le château de Laàs (Conseil général des Pyrénées-Atlantiques), le musée des châteaux de Versailles et de Trianon, la BnF, un vaste balayage qui prouve que l’accessoire constitue un véritable apport artistique, historique et technique, digne de toutes les attentions et de tous les soins.

 

Et plus si affinités

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