Exposition Johnny Clegg : Grems du street art à la culture zoulou

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Grems : cela sonne comme le patronyme d’un chef de clan préhistorique, d’un leader de gang, d’un méchant de BD, d’un des enfants sauvages de Lucien Malson …Pourtant Grems n’a rien de tribal hormis ses influences, puisées dans les motifs ancestraux de l’art berbère, des sorciers africains, des chamans aborigènes …

Créatif débridé et touche à tout, ce globe trotter parisien d’origine sillonne la planète depuis des années pour apposer ses fresques et ses sons dans les mégalopoles ultramodernes. Street artiste dans l’âme, le coeur et l’ADN, il compose toiles, fresques et musiques à l’unisson, associant formes, couleurs et harmonies dans une ronde visuelle et sonore sans fin. Faire tomber les barrières : un vrai crédo chez cet artiste global et fier de l’être, qui passe des collaborations avec des marques prestigieuses au panorama urbaine avec une aisance déconcertante.

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Bigarrés, mouvants, gorgés d’énergie, ses motifs constituent autant de puzzles, véritables labyrinthes où les formes s’imbriquent de façon surprenante, à la manière d’un Keith Haring. Volutes ou cunéiforme, on pense immédiatement au passage ancestral du pictogramme au hiéroglyphe, ce glissement subtil de l’imitation du réel au symbole qui en capte le signifié. Comme pour questionner l’énigme de l’humain. Ou simplement pour produire du beau à l’infini ?

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Dernière thématique abordée en date, il s’attaque à la culture zoulou dans le cadre d’une exposition intitulée Johnny Clegg. Une fois de plus, musique et peinture se croisent, se mêlent dans cette grande ronde qu’est la rue, vivante et foisonnante. Les oeuvres que Grems produit dans cet esprit s’affichent comme des étoffes africaines chatoyantes, mais chargées de sens à explorer.

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Comme une parenthèse éphémère, Johnny Clegg pose les bagages de Grems le nomade dans l’enceinte de la Anyway galerie (nom de prédilection?) Espace Oppidum, 30 Rue de Picardie dans le 3eme arrondissement parisien. Quinze jours durant, on pourra apprécier la qualité, la précision de son geste, son sens de la lumière, du chromatique. A noter la déclinaison de ses ornements sur des objets, notamment un superbe tapis réalisé avec le concours de la Manufacture de Bourgogne.

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Photo by Camille Amiel

N’y voir aucun risque de sédentarisation : le tapis demeure l’attribut des tribus du désert qui en couvrent le sol de leurs tentes au gré de leurs transhumances d’un oasis à l’autre. Tapis de chaleur, tapis de prière ou de repos, tapis volant, l’objet, de toute beauté, invite au rêve, aux rencontres, à l’Ailleurs, sans perdre un instant le dynamisme de ses dessins. Voici qui synthétise parfaitement les paramètres à l’oeuvre dans la démarche de cet artiste.

Et plus si affinités
http://www.gremsindustry.com/

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