Europe en scènes : quand MA Scène Nationale Montbéliard rêve d’Eurotopie …

Nous débutons avril avec une quinzaine queMA Scène Montbéliard a voulu dédier au festival Europe en scènes partagé avec le Granit, scène nationale de Belfort. Objectif : faire la focale sur la création européenne. Banal ? Classique ? Redondant ? Non, avec ce projet, il ne s’agit pas de jouer la carte de la facilité mais d’interroger le devenir d’un projet d’échange en perpétuelle évolution. L’Europe, on la construit depuis des années au niveau diplomatique, monétaire, politique, économique … mais qu’en est-il des hommes, des arts, des cultures, dans un jeu d’alliance qui joue la montre face à la crise ?

Quid de cet ambitieux, de ce vieux projet d’Europe qui implique en toute logique l’expérience et la maturation des siècles, mais doit se bâtir dans une urgence perpétuelle ? Comment les arts, et plus spécifiquement les arts de la scène dans toute leur universalité, posent-ils ce clivage absurde mais néanmoins incontournable ?

Au moment où l’Europe touche à ses limites en matière d’organisation politique et d’influences multiples, Europe en scènes évoque la possibilité que les artistes assurent et renforcent l’unité là où les institutionnels peinent à créer une synergie. A l’honneur, la Suisse comme un miroir central de ces influences et de ces inspirations, sur une terre placée au carrefour des grandes tendances et des courants culturels qui irriguent le Vieux Continent comme une sève, un regain, une jeunesse fougueuse.

Exemple typique de cette programme européenne, la soirée d’ouverture avec l’orchestre de Bâle emmené par le violoniste française d’envergure internationale Renaud Capuçon pour un voyage harmonique dans le temps et les répertoires d’illustres compositeurs tel Bach avec le Concerto pour violon en mi Majeur ou le Double concerto pour hautbois et violon, cordes et basse continue en do mineur, Frank Martin et le Polyptyque pour 2 orchestres à cordes, ou Strauss et Les Métamorphoses pour 23 cordes solistes.

Notons également les concerts de la belge Mélanie de Biasio, avec son jazz polymorphe, baroque, et habité, ou de Jur et son groupe, venus chanter une poésie sauvage et torturée sur des accents de balades tragiques : ces deux figures féminines de la création musicale mettent en avant musicalité du verbe et langage des harmoniques, dans une mise en reflet culturelle qui en dit long sur les brassages qui animent notre création continentale.

Avec Les larmes des hommes et Z. Forfait illimité, c’est du côté de la Suisse que nous nous tournons. Les larmes des hommes résulte de la rencontre du Théâtre Spirale de Genève et du Teatrito, jeune compagnie cubaine multiculturelle autour de l’adaptation scénique des nouvelles de Mia Couto Le Fil des Missangas : cette galerie de personnages en révolte et en quête d’échange trouve écho dans Z. Forfait illimité mis en scène par Laure Donzé, qui évoque le regard de l’humoriste helvète Zouc sur le canton du Jura.

La danse n’est pas en reste dans ce tour d’horizon avec une soirée dédiée qui programme deux spectacles : Running on Empty de l’anglaise Antonia Grove qui y questionne les liens entre corps, émotions et volonté et Cross & share de la française Julie Dossavi, qui offre là un one dancing show d’un humour et d’une acuité rares. Une facette complémentaire essentielle de cette affiche variée où les visages féminins ne manquent guère, de même les formes d’expression et les registres. A scruter de près et avec curiosité pour comprendre cette notion d’Eurotropie.

Et plus si affinités

http://1314.mascenenationale.com/temps-fort/festival-europe-scdnes

Commentaires

commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.