Du Marché Gare aux Eurockéennes, FAUVE en long, en large, en ≠

Il y a un an et demi, The ARTchemists avait le privilège de connaître FAUVE et de vous partager leurs créations. Aujourd’hui, il n’est pas une semaine sans qu’un ami ou une connaissance ne vienne vers moi pour me balancer un « mec je viens de découvrir un groupe de malades, des frenchies pète sa mère, FAUVE ça te dit quelque chose ? ». Oui, ça me dit quelque chose, d’ailleurs j’ai même eu la chance de les interviewer avant de les voir en concert au Marché Gare à Lyon, puis de les revoir aux Eurockéennes de Belfort.

FAUVE en interview : « un propos plutôt qu’un message » …

Comme si c’est moi qui allais monter sur scène, j’attendais le début du concert au Marché Gare avec la boule au ventre, perdu dans cette foule compact et presque trop nombreuse pour la relative petite capacité de la salle. Déjà, on ressent combien FAUVE pourrait prendre plus d’ancrage sur la scène musicale française tant la salle était comble et les billets vendus rapidement.

La scène est visuellement assez dépouillée. Le grand drap blanc suspendu adossant les musiciens donne en effet un réel sentiment de sincérité, de pureté. Alors les 5 représentants du Corp entrent en scène. La problématique que me posait FAUVE était la suivante : comment un groupe si proche de son auditeur par ses textes, pourrait réussir à transporter une foule tout entière d’admirateurs ? La plupart du temps, les textes du groupe font partie de la sphère extrêmement privée d’une personne ; comment réussir à « dé-privatiser » leurs morceaux ? J’étais pratiquement anxieux, après tout c’est de la qualité live de mon coup  de cœur de l’année dont on parle… Fidèles à leurs discours, les membres de FAUVE réussissent ce challenge en  mêlant dynamisme et sincérité à leurs performances. Sur le drap blanc défilent les images de clips ou de photos présentes dans toute l’esthétique du groupe, comme pour rappeler que FAUVE ce n’est pas que de la musique. D’ailleurs ce n’est pas pour rien que ces images avant d’atteindre ce drap blanc viennent d’abord s’écraser contre les musiciens eux-mêmes. Quand le Corp prend le dessus sur le reste.  

Musicalement très bon, j’ai été très agréablement surpris par les différents arrangements ou évolutions des morceaux lors du live. On notera en ouverture de concert une superbe intro à « Saint-Anne » bien plus rock que le morceau original mais toujours fidèle. Sur la set-list pas de grosse surprise, les morceaux s’enchaînent facilement et le public réussit même parfois à suivre au « chant ». Mention spéciale pour «4000 îles » qui prend une dimension phénoménale lors d’une performance live, puisque c’est, comme l’a dit le chanteur « un peu le seul morceau que le public peut vraiment chanter ». Ipso facto, le public se lâche et vous voilà propulsé au cœur des ces îles, finalement pas si lointaines que ça. Une fois le spectacle achevé, le public en redemande, averti, il aura noté l’absence de « Nuits Fauves » et « Kané » dans la set-list. C’est d’ailleurs cette dernière qui clôt en véritable apothéose un concert qui a largement tenu toutes ses promesses.

Passons aux Eurocks maintenant. Cette fois, tout est différent ou presque. Dans des conditions de festival, les jeunes groupes doivent, encore plus que pour un simple concert, être capables de faire voyager le public qui à l’accoutumée ne connaît que très peu, pour ne pas dire pas, les jeunes artistes. Bien qu’ils passent sur la plus « petite » scène des Eurocks, le public est clairement au rendez-vous. En effet le « club loggia » est littéralement envahi de fans tous plus pressé les uns que les autres qu’enfin le quintet monte sur scène. Au moment venu, si l’excitation du public est palpable, la surprise pour les membres du corp de se retrouver face à une telle foule est totale, ils préciseront même ne jamais avoir joué devant une telle foule. La prestation du groupe est bonifiée par cette énergie transmise par le public. Et à ce moment tous mes doutes sur leur « valeur » en live s’envolent. Transcendés par un public de feu, ils réalisent une performance d’exception qui les place sans aucun doute dans mon top 3 des concerts de cette édition des Eurockéennes. Pas si mal que ça pour des mecs « normaux », surtout quand on sait que leur nom rivalise avec celui de Blur, Phoenix, M, Woodkid, A$AP Rocky ou encore the Vaccines.

Il est temps de faire le bilan et j’ai pris mon temps pour vous retranscrire ces concert tant ils représentaient de réelles attentes de ma part. Sans avoir la prétention d’affirmer avoir cerné cette entité de « mecs  normaux », mais en étant conscient d’avoir grandement avancé dans la compréhension de leur identité et de leurs « propos », je peux dire que FAUVE se réalise autant dans la création de morceaux, vidéos, ou t-shits que dans ses performances lives. J’ai la chance de les croiser  à deux reprises et je ne peux vous conseiller qu’une chose, si FAUVE passe par chez vous : n’hésitez pas à entrer dans leur corp l’espace d’un instant, envoûtant à souhait, on y est bien, un peu comme dans une deuxième famille.

Merci à FAUVE pour cette interview et pour ces concerts, merci pour ces étincelles dans le blizzard.

Et plus si affinités

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