Moins deux : Vladimir et Estragon s’en allaient mourir …

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Ils sont deux, ils sont vieux, ils sont cancéreux. En phase terminale. Du fond de leurs lits ils n’envisagent guère la chose avec quiétude et détachement. Crever dans la lueur douillette et aseptisée des néons d’un CHU, ça les fait chier. Alors ils se font la belle. « moins deux » … En pyjama et charentaises, la perfusion en avant. Pour aller voir la mer … Ou la mère.

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Ironique, le sort qui devait les mener droit sur le sombre Styx va surtout les conduire sur les eaux amniotiques et solaires qui portent la vie. De rencontres en engueulades, les deux grincheux règlent leurs comptes avec des destins pas si banals qu’ils le prétendent, tout en suivant un fil directeur aussi puissant qu’un cordon ombilical, de la salle de réanimation à celle de la maternité.

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Plateau nu, décor minimal, Guy Bedos et Philippe Magnan jouent la pièce écrite et mise en scène par Samuel Benchetrit avec vraisemblance et une retenue d’une grande fraîcheur. Très vite en effet, le registre de fâcheux dans lequel on les attend habituellement s’estompe pour prendre des nuances de tendresse, cette saveur douce amère des souvenirs et de la nostalgie.

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La mort n’est que la continuité de la vie : c’est à la fois absurde et naturel. Voici pourquoi l’auteur des Chroniques de l’asphalte place les aventures de ce couple hors normes mais finalement si logique dans le sillage d’un Tchekov ou d’un Beckett. Assis sur leur banc à écouter les désespérés de la solitude tenter de se noyer, ils évoquent irrésistiblement Vladimir et Estragon, tentés de se pendre en attendant Godot …

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Sauf qu’en l’état ces émules de Bouvard et Pécuchet vont rejeter le fatalisme qui les frappent pour un dernier pied de nez à la vie, tout en poésie et en humour contemplatif, en réconciliations multiples et en complicité. Le bon mot à la bouche, la pupille ironique, ils profitent des derniers instants pour faire un peu de bien et dessiner les ailes qu’ils porteront en paradis … c’est léger, sans prétention mais cela fait un bien fou.

Et plus si affinités

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