Court-métrage : The Snorks, A concert for creatures – Loris Gréaud

Imaginez un peu les fonds marins, quelque chose d’abyssal, de sombre, de froid où vivent des centaines d’espèces de poisons dont nous ne connaissons rien, excepté qu’ils dialoguent  par les ondes et la lumière qu’elles génèrent entre eux. Quelque chose comme le féroce poisson lumineux de Nemo, oui c’est à peu près ça. Et plus il y a d’ondes, plus il y de lumière.

Maintenant imaginez que ces ondes puissent être générées par de la musique. Ainsi si l’on veut faire crépiter ces créatures des profondeurs, il convient de leur organiser … un concert ? Et puisqu’on en est là pourquoi ne pas harmoniser ces crépitements sous marins avec un feu d’artifices conçu à la surface de l’eau ? Et puisqu’on est là, bah autant filmer l’évènement !

Un apologue où nature et art se rencontrent

Voici les grandes lignes du court métrage orchestré par Loris Gréaud. Un apologue où nature et art se rencontrent, se font face, s’interpénètrent. Le jeune réalisateur part en quête des ces aliens pour entrer en communication via le plus beau des langages, la musique, idiome universel. 36 mois de travail pour capter cet instant fugace et magique et le restituer dans un conte filmé avec pour problématique : nous sommes capables d’aller sur la Lune, de dater la présence de l’eau sur Mars mais nous ne connaissons presque rien de ce qui compose pourtant l’immense majorité de la surface terrestre.

Après avoir côtoyé les chercheurs du MIT de Boston qui lui expliquent le principe de la bioluminescence, mode de communication des abysses,  Gréaud  prend contact avec la station internationale Antarès au large de Toulon, une base scientifique de recherche sous-marine, où il va définir le moyen d’interagir avec les créatures. C’est là qu’il va choisir la musique comme médium… mais c’est à New York qu’il déniche le groupe d’abstract hip-hop Anti-Pop Consortium, chargé de faire crépiter nos chers poissons, et qui vont se charger d’enregistrer le concert aquatique dans le mythique studio d’enregistrement Avatar Studio.

The Snorks : garder trace de cette fable moderne

Reste à installer l’infrastructure pour le feu d’artifice : c’est le lagon de l’Emirate Palace à Abu Dhabi qui accueillera la production pyrotechnique consécutive au crépitement abyssal. Ces images seront ensuite projetées à Times Square lieu symbolique de la communication moderne : 120 minutes de lumières sur les écrans du Nasdaq, de Reuters et Panasonic ainsi détournés.

Il convenait de garder trace de cette fable moderne. Clin d’œil à La Chasse au Snark de Lewis Caroll, The Snorks : a concert for creatures raconte cette aventure  par la voix monocorde de David Lynch qui expose  la vérité scientifique tandis que Charlotte Rampling déambulant dans le Musée des Arts Forains retrace les étapes de cette démarche artistique hors normes. Une image sombre et bleutée, parfois angoissante, trépidante ou plus posée, qui nous plonge dans ces ténèbres opaques.

Demeure le son, la musique et les éclairs, dans l’osmose des projections/concerts proposés au public. Demeure également un questionnement sur la portée scientifique de ce création artistique, qui mériterait d’être fouillée tant elle ouvre de voies au niveau de la recherche en matière de communication et d’art thérapie.

Et plus si affinités

http://aconcertforcreatures.com/

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