Cinéma / Artémis cœur d’artichaut : Hubert Viel entre mythologie, Nouvelle Vague et comptine

Que se passerait-il si les dieux de la mythologie débarquaient dans notre quotidien avec leurs caractéristiques d’exception ? La question a inspiré moult tournages : il y a peu nous chroniquions les exploits de Percy Jackson, héritier d’une longue filiation hollywoodienne constellée d’effets spéciaux. Plus simplement, Hubert Viel choisit d’abandonner le spectaculaire pour se concentrer sur l’histoire d’Artemis.

Artémis BA Allo ciné from NiZ! on Vimeo.

C’est avec une grande simplicité et beaucoup de malice qu’il nous raconte comment la virginale déesse de la chasse se retrouve étudiante en littérature à Caen. Solitaire, farouche, elle se concentre sur son mémoire de recherche consacrée aux femmes de pouvoir dans le cinéma américain (clin d’œil ?) jusqu’à ce qu’elle croise le chemin de Kalie Staux, nymphe dynamique autant de délurée qui va entreprendre de la sortir de son appart avec plante et chat pour lui montrer la vie.

Tourné en N/B, en super 8 et en numérique avec des actrices amatrices (Noémie Rosset et Frédérique Barré, très dans le ton par leur candeur, leur retenue, leur énergie), ce film est un bonheur. La narration y est un jeu, une construction en équilibre, où le réalisateur apparaît pour nous expliquer les joies du point de vue omniscient : l’auteur est-il lui aussi un dieu tout puissant coincé dans la réalité comme son héroïne ? Juste évoqué, le propos ne se veut pas aussi intellectuel, et c’est justement ça qui plaît.

Parti d’un défi, le road movie d’Artemis et ses déboires amoureux aux côtés de cette nymphe délurée (la scène du cerf est juste à se tordre) est charmant parce qu’improbable. La manière d’incruster la mythologie (Zeus en skieur slalomant sur un film de vacances usé aux couleurs fanées, c’est juste génial) dans notre quotidien, l’agencement des séquences, la liberté de ton qui néanmoins reste dans le crédible, tout y est pour faire de cette heure un conte des petites joies ordinaires.

A voir, à regarder même notamment ce moment où Artémis en toge et arc fume sa clope assise sur un rocher, et à écouter également car la musique joue ici un rôle important et les chansons de la B. O. ont été composées qui par le réal, qui par Mesparrow.

Et plus si affinités

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