La Boite de Pandore : le mystère de la photographie entre technique et art

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A la base, l’exposition La Boite de Pandore proposée par le Musée d’Art Moderne de Paris a pour objectif d’interroger la manière dont cette discipline évolue entre technique et art. Mais avec l’artiste photographe Jan Dibbets aux commandes de la manifestation, le propos met finalement en exergue le caractère scrutateur et révélateur d’un art en perpétuelle recherche de lui-même.

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Le titre choisi en dit long sur les pistes multiples mises à jour : dans la mythologie, la boite de Pandore contient tous les maux de l’humanité, libérés à la surface du monde par excès de curiosité. Ainsi assimilé, l’appareil photo et son objectif violent la surface des choses et des êtres, cherchent à en pénétrer les secrets alors qu’il ne faudrait peut-être pas les dévoiler.

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Anna Atkins (1799- 1871), Padina Pavonia 1843- 1853, Cyanotype, 35 x 28 cm Paris, bibliothèque du Muséum d’histoire naturelle © Muséum national d’histoire naturelle (Paris) Direction des bibliothèques et de la documentation

Propulsée par le progrès, la photographie affine le regard, permet la démultiplication de la reproduction, restitue le réel et ses couleurs. Mais montre-t-elle le vrai ou engendre-t-elle le rêve ? Refusant la facilité d’une approche chronologique qui se concentrerait uniquement sur l’Histoire, Dibbets préfère confronter chaque avancée technologique du genre et la manière dont les artistes vont s’en saisir pour créer, sans fin.

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Bruce Nau man (1944 -), Waxing Hot 1970, Kunstmuseen Krefeld , 51 x 51,4 cm Bruce Nauman © Adagp, Paris 2016 © Kunstmuseen Krefeld

Clichés scientifiques détaillant la dentelle de pétales, décompositions du mouvement des corps, observation des cieux et des astres, interrogation des corps et des visages, comparaison des paysages naturels ou urbains, d’une œuvre à une œuvre, la comparaison s’impose. Une récurrence ressort de ces clichés : le besoin de repousser les limites de l’image, de lui octroyer plus que la simple fonction de capter la matière.

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Harold E. Edgerton (1903- 1990), Milk Drop C oronet 1957, 46,5 x 33,9 cm Centre National des Arts Plast iques (Fonds national d’art contemporain) , © Harold E. Edgerton, MIT, Palm Press Inc. © Centre National des Arts Plastiques (Fonds national d’art contemporain) / Photo Yves Chenot

Ainsi La Boite de Pandore s’impose comme une exposition de référence, qui redéfinit complètement la lecture d’autres expositions dédiées au genre. Rencontres photographiques d’Arles, Circulations au 104, expositions en chaîne de la MEP, l’analyse à laquelle nous convie Dibbets modifie pleinement notre perception en y introduisant une problématique essentielle, que chaque nouvelle ère technologique reconfigure.

Et plus si affinités

Pour en savoir plus sur La Boite de Pandore, consultez le site du Musée d’Art Moderne :

http://www.mam.paris.fr/fr/expositions/exposition-la-boite-de-pandore