Baron Noir Saison 2 : Le Prince à l’ère du numérique ?

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Rafraichissons-nous la mémoire : au terme de Baron noir saison 1, nous avions laissé Philippe Rickwaert en prison pour détournement de fonds publics, le président Laugier destitué, Amélie Dorendeu en pole position pour s’élever dans la hiérarchie du pouvoir. Confirmation au seuil de la saison 2 : la belle brigue le statut de première présidente des français, dans une ambiance de délitement de la classe politique telle qu’elle opérait depuis les années 80. Vous l’aurez compris, Baron noir 2eme du nom tape fort et en écho de l’actualité.

Exit les historiettes amoureuses : demeurent les intrigues de pouvoir, et elles sont nombreuses à l’heure des grandes mutations sociétales. Condamné à agir dans l’ombre, Rickwaert s’infiltre dans les hautes sphères du pouvoir par la petite porte et à grands coups de textos pour mener une partie d’échecs qui va très vite se transformer en poker menteur. Au cœur du circuit, une Amélie présidente confrontée aux réalités peu glorieuses de sa charge, isolée, tiraillée, obligée de prendre en main la meute des politiques, amis ou ennemis, pour garder le cap de ses engagements sans être influencée par les dysfonctionnements et les convoitises, les rancœurs et les animosités.

Pas évident, évident à l’heure du tout numérique, des réseaux sociaux, de la liberté de parole débridée et sans conscience, du terrorisme larvé, des extrémismes de tout poil, de la finance impérieuse. Très inspiré des convulsions politiques observées pendant la campagne présidentielle et ses retombées puisqu’il a été écrit pendant cette période, le scénario fait table rase se larve sur les renversements d’alliance, les doutes quant aux orientations à suivre. Comment demeurer fidèle à ses engagements, à ses valeurs à l’heure de la globalisation, des métamorphoses constantes, des grands chambardements ?

Même Rickwaert y perd son latin, contraint alors se convertir à la digitalisation en urgence, pourtant persuadé que la base de l’action politique demeure l’humain. Tous les chemins mènent à Rome ? Délicat quand Rome une fois atteinte montre un visage complètement opposé à celui qu’on attendait. Embrassant avec réalisme et équité un paysage politique aux tendances écornées, Eric Benzekri et Jean-Baptiste Delafon dressent un tableau relativement clair de la situation : incompréhensibles pour le commun des mortels qui en dépend pourtant, les tractations et les méthodologies propres au pouvoir se tissent dans l’ombre avec un lexique opaque. Et les interprètes de ce théâtre de l’absurde en rajoutent une couche, déroulant des tirades totalement absconses comme s’il s’agissait d’échanges du quotidien.

Et le citoyen dans tout ça ? Le mieux est qu’il se taise et subisse ? Le citoyen, il apparaît de loin en loin, devant un hôpital pour protester contre euthanasie qu’on voudrait bien légaliser, à la sortie d’une gare où l’on distribue des tracts et sert des mains, dans la cour d’une école de banlieue pourrie occupée par des parents désireux que leurs mômes aient toutes les chance d’apprendre et de s’élever … Entre rejet de l’Autre comme menace invasive d’un côté, dénonciation du colonialisme et dislocation de la propriété de l’autre, désir de plusieurs de remettre le pays au travail sans plus de contraintes ni de protection de certains, radicalisation de plusieurs qui se réfugient dans les affres de la religion fanatique, la marge d’action est mince et se résume en un mot : la République, laïque, juste, protectrice, fédératrice.

Le message est clair, la leçon difficile à encaisser car elle éclate la version édulcorée et proprette servie depuis des décennies par les professionnels de la communication : la pureté des cœurs accommode mal du concret des choses, de la vérité des psychologies. Machiavel l’avait expliqué en son temps, son propos demeure moderne, avant-gardiste, universel. Et Baron Noir se charge, saison après saison de nous le rappeler.

Et plus si affinités

https://www.mycanal.fr/baron-noir/saison2

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