Alegrias de Cadiz – Gonzalo Garcia Pelayo : l’allégresse sans le contrepoint de la tragédie

Alegrias de Cadiz (2013) est le dernier film du cinéaste espagnol Gonzalo Garcia Pelayo auquel le musée du Jeu de Paume rendra hommage du 18 mars au 6 avril prochain sous le titre Viv(r)e la Vie. Symphonie underground.

Quel singulier parcours! Gonzalo Garcia Pelayo, né en 1947, termine son premier film, Manuela (1975), quelques mois avant la mort de Franco. Suivent quatre opus, Vivir en Sevilla et Intercambio de parejas frente al mar (1978), et Corridas de alegría (1982), Rocío y José (1982). Ces films, inclassables, même dans l’ébullition de la Transicio, n’échappent pas à l‘attention de certains aficionados, comme Pedro Almodovar, mais ne sont jamais des succès au box office. Pelayo cesse de tourner à l’arrivée des socialistes et retourne à ses premières amours, la musique fusion et le rock andalou ; il dirige une maison de disques florissante, anime des programmes qui passionnent les téléspectateurs.

Et surtout, il invente une méthode basée sur le calcul des probabilités …qui lui permettra de dévaliser, en toute légalité, les casinos de la péninsule, puis ceux de Vegas et même du monde entier. Assisté de ses nombreux enfants et neveux, il aurait empoché, dans les seules années 90, 250 000 millions de pesetas. Son nom remplit les gazettes, il défraye la chronique judiciaire, se voit interdit de casino, mais finit par l‘emporter devant les tribunaux. Cette histoire devient légende avec un livre, La fabulosa historia de Los Pelayos, un documentaire produit par The History Channel, Breaking Vegas: The roulette assault et, en 2012, le metteur en scène Eduard Cortès réalise un biopic retraçant les hauts-faits de cette famille hors du intitulé tout simplement Los Pelayos.

« Ce n’est pas moi qui ai abandonné le cinéma, c’est le cinéma qui m’a abandonné », se plait à dire Pelayo. Sa redécouverte comme cinéaste suit des voies tout à fait différentes. Elle est due au regain d’intérêt pour la culture andalouse et, notamment, aux efforts de Pedro Romero (mentor de la star du flamenco Israel Galvan), commissaire de l’exposition « Vivir en Sevilla. Construcciones visuales, flamenco y cultura de masas desde 1966 », en 2005, où l’on a pu voir ses films. Un critique s’en mêle, Alvaro Arroba, qui dans la revue Sight and Sound cite Vivir en Sevilla dans la liste de ses dix films préférés

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de l’histoire du cinéma.

Un bon tuyau qui n’échappe pas à Hans Hurch, le directeur de la Viennale : en novembre 2013, les films du cinéaste madrilène d’ascendance andalouse sont montrés pour la première fois hors d’Espagne. Après la richesse, la reconnaissance artistique ! Pour Pelayo, pourtant expert en calcul des probabilités, les Viennois découvraient la tombe de Toutankhamon… Refusant l’idée d’être exhumé, il veut gratifier la manifestation de quelque chose de vivant : d’où l’idée de réaliser, en quelques semaines, durant le carnaval de Cadiz (auquel il ne manque jamais de se rendre, depuis 26 ans), Alegrias de Cadiz.

Nous avons pu voir en avant-première le produit du come back de cet homme

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célèbre et cinéaste jusqu’ici méconnu. Il nous a séduits par sa joie de vivre, sa fraîcheur, son goût de l’improvisation, voire du bricolage. C’est un film musical et une déclaration d’amour à la cité andalouse, ses rues et ruelles, ses bars, ses parcs, ses plages, ses belles. Son art de vivre et son art tout court : le couplet flamenco typique de Cadiz, qui se nomme justement alegria , poème chanté composé d’octosyllabes et dont un des plus célèbres « Tiriti, tiriti, tran tran » résonne en ouverture, sur un fond de toits en terrasse d’un blanc incandescent et de ciel azur. Au loin, la mer.

La trame narrative très lâche (trois/ quatre couples de jeunes qui se font et se défont) est constamment interrompue par des numéros de scènes soit improvisées, soit filmées au Carnaval, comme cet irrésistible chœur de femmes de ménage, interprété par des hommes. Les textes, rythmés, d’une étonnante inventivité sonore et verbales, sont chantés ou dits. Certains protagonistes, comme le poète-boxer, (un des fils Pelayo, car le film est aussi une affaire de famille) s’expriment en vers, tandis que d’autres, comme le cantautor Fernando Arduan, qui interprète son propre personnage, exécute deux fois son tube : Pepa ). Les discours se chevauchent, se superposent, sont relayés par un récit en voix off. C’est une fête du verbe et de la voix.

Pepa est l’héroïne du film. Le rôle est joué par quatre jeunes filles différentes, joli clin d’œil à Cet obscur objet du désir(le pré-générique nous présente d’ailleurs le casting). Mais c’est aussi le nom de la Constitution espagnole de 1812, promulguée à Cadiz, le jour de la Saint Joseph, durant la guerre d’indépendance contre Napoléon. La magna carta de la résistance, tout comme le carnaval, où le peuple peut dire son fait aux puissants. C’est cet esprit frondeur qui anime Alegrias de Cadiz, un film comme le monde à l’envers, où personne ne travaille, tout le monde joue (avec les masques, avec les mots), où l‘érotisme est sans culpabilité. Pas une église, pas un curé, pas un indignado. Pas l’ombre d’une statue du Commandeur : l’allégresse sans le contrepoint de la tragédie. Une leçon d’optimisme païen qui fait figure d’Ovni en 2014.

 

Et plus si affinités

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