Album : Schlaasss – Casa Plaisance – Atypeek Music – 2017

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Pour ceux qui ignoreraient tout du phénomène Schlaasss, je suggère d’écouter religieusement le très rapide mais non moins édifiant « Interlude Tapin » extrait du premier album éponyme daté de 2015. Bon maintenant que les présentations sont faites et que vous avez découvert avec ravissement l’univers stylistique dans lequel évolue ce charmant duo, vous êtes à même d’appréhender le reste des morceaux puis d’enquiller sur Casa Plaisance.

Ce deuxième opus perpétue la formule adoptée à l’origine : insultes de charretier, goût prononcé pour la sodomie verbale, attirance perverse envers les Kikis, fascination pour les organes génitaux, besoin effréné d’affection, conscience que l’amour n’existe qu’à un prix trop lourd à payer pour se le permettre, écœurement total et jouissif face à une société d’hypocrites et de profiteurs. La totale enrobée dans des mélodies au marteau piqueur, portées par la voix cristalline et ordurière de Charlie Dirty Duran, les basses menaçantes de Daddy Schwartz, l’ensemble lancé comme des pavés, des cocktails Molotov.

A eux deux, ces démons éructant émergés des décombres de Saint Étienne croisent avec volupté Sexy Sushi et Die Antwood dans un esprit gros rouge qui tache à la tronçonneuse. Leur « rap punk volvo core » sonne toujours juste comme un requiem pour un massacre, et pour tout dire l’ambiance démente du film de Elem Klimov convient parfaitement pour définir la sensation de lance flamme qu’on ressent à l’écoute de ces quinze morceaux comme de leurs grands frères de la précédente galette.

Eh oui on ne se baptise pas « schlaasss » par accident ou parce que le mot sonne joli. Derrière tout ça s’agite un dégoût profond de l’humanité, qu’il s’agisse de désirer, de réussir, de faire de l’argent, de jouir, de séduire, d’être une star, de diriger, de briller, de montrer qu’on vaut quelque chose, qu’on n’est pas totalement médiocre … On pourrait les croire planqués sur un nuage de haine surfaite et compassée ? Écoutez « Pupute » et vous aurez un panel complet des bassesses de l’homme politique, qui colle parfaitement à l’actu des présidentielles et à l’ambiance nauséabonde qu’elles véhiculent.

Idem pour les pseudo artistes dans « Triste artiste », la dictature de la beauté avec « les Moches » …Je ne vais pas toutes les faire, mais sachez que chaque texte mériterait son commentaire fouillé, la grossièreté n’étant qu’une façade reposant sur une maçonnerie poétique travaillée dans les termes, les sonorités, les images … Nihilisme en force, cynisme dévorant, solitude à fleur de peau, particulièrement dans le mémorable « No drug yourself » … le désespoir se réfugie dans la came, l’alcool, les médocs, … et Schlaasss de chanter la médiocrité de l’existence comme une symphonie de chiures dégoulinantes et inévitables, car la vie c’est comme ça, point barre.

Et plus si affinités

https://www.schlaasss.fr/Slaasssch.html

https://schlaasss.bandcamp.com

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