Album : Ropoporose – Elephant love

a3046685910_10

Ce n’est rien de dire que le rock est très souvent affaire de famille : INXS, Oasis, AC/DC, … on ne va pas tous les lister, la journée n’y suffirait pas. Mais il est quand même bon de rappeler que les plus belles initiatives (les plus durables aussi) sont le fruit de complicités amoureuses … ou d’interactions fraternelles. Bon certes si on prend le cas des Gallagher bros, on ne peut pas dire que ça se soit déroulé dans l’harmonie la plus complète. Fort heureusement d’autres sont plus calmes, dixit les frangin/frangine Pauline et Romain de Ropoporose.

Ropoporose // Empty-Headed Démo version 2012 from Hugo Bernatas on Vimeo.

Le duo vendômois vient de sortir son premier album, le très intéressant Elephant Love. Neuf tracks d’un rock alambiqué, à la fois tourmenté et lumineux, très introspectif, qui évoque les rêves adolescents, les amours impossibles, les violences émotionnelles, les colères foudroyantes, les apathies mélancoliques, les angoisses incontrôlables. Toutes ces contradictions affleurent au travers d’un mélange de balade, de new wave, de punk, de noise, aux alchimies changeantes suivant les morceaux.

10933847_818122444927827_4249155845507629422_n

Le très désespéré « Moira » illustre parfaitement ce constant déséquilibre qui trouve sa solution, après la récurrence lancinante des samples, dans un brusque emballement du rythme sous-tendu d’un cri de révolte. Cette construction alternant répétition et tempo soutenu détermine la signature mélodique du groupe qui y traduit toutes les tensions de son univers mental. Une sorte d’ Hygiène de l’assassin sous forme de ritournelle dark, d’une énergie incroyable après des instants de pur effondrement.

L’écriture, par instant schizophrénique, est accrocheuse et déstabilisante car elle ne nous confine pas dans le simple registre du divertissement dansant. « Desire », « WhuWhu », « Elephant Love », certaines paroles sont déclamées plutôt que chantées, ce qui situe ces chansons aux frontières de la mise en voix théâtralisée, dans une cacophonie maîtrisée à la limite de l’expérimentale. Et très sincèrement la chose a de quoi interpeller par son audace et sa maturité.

10517465_711971055542967_4831807812332661499_n

Bon l’incorrigible punk que je suis a bien sûr chaviré sur les accents dramatico-mystiques de « Consolation » ou le magnifique « Empty headed » qui ont ce ne je sais quoi de ténébreux que seuls les groupes comme Joy Division ou And also the trees étaient capables de transmettre. Mais l’ensemble de Elephant Love, tout comme son artwork signé Céline Delumeau, dégagent quelque chose d’hypnotique qui évoquent l’aura des œuvres d’art brut, où la technique jamais n’a le pas sur la spontanéité.

Et plus si affinités
http://ropoporose.com/
http://ropoporose.bandcamp.com/

Commentaires

commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.