Album : Pumpkin – Peinture fraîche – Mentalow – 2015

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Peut-on arrêter une femme convaincue de son talent, indépendante dans ses décisions, autonome dans ses actes, régulière dans sa création et décidée à franchir les obstacles ? Réponse : non. N’en déplaise aux réactionnaires de ce monde, Pumpkin est de cette trempe, affinant sa plume au fil des productions et des expériences. Patiente, consciencieuse, pertinente. Pour affûter son écriture comme une lame tranchante, fatale, élégante. D’une féminité assumée, tranquille, tandis que la demoiselle devient femme.

Regardons la changer au fil des artworks ornant ses albums : habituée des longues pistes, des compositions conséquentes à l’étoffe poétique, la belle a beau faire, sous les accents rap et canaille de ses déclamations, la poétesse affleure, l’actrice également, qui pose la voix, déroule les vers, scande les accentuations, rebondit d’allitérations en figures de style. D’abord comme une petite fille jouant à la marelle, puis comme une ado roulant des mécaniques, … aujourd’hui avec la distinction des cantatrices.

Chic naturel de l’artiste née : Peinture fraîche constitue la suite logique de L’année en décembre, Ainsi de suite, Silence radio et Le beau temps, pour ne citer que ces temps forts d’une discographie de qualité, débutée en 2009, toujours prolixe depuis sans tomber dans la logorrhée inutile. La tonalité orange, chère à la jolie fille, n’est plus de mise ; c’est le noir qui domine, discrétion naturellement aristocratique. Une queue de cheval, les ongles à peine rehaussés d’un vernis rutilant, Pumpkin, un doigt sur les lèvres, annonce la couleur : fraîche, lumineuse, celle de la liberté et de la quiétude.

Une marche de plus franchie … Nous l’avions laissée au lendemain de son intronisation comme découverte du Printemps de Bourges 2013. Prenant son destin en main aux côtés de Vin’S da Cuero, son partenaire à la ville comme à la scène, Pumpkin met un an et demi à générer ce nouvel opus chargé de sa verve, convoquant au passage des guest stars telles 20syl un instant échappé de C2C et Hocus Pocus, MR J. Medeiros de The Procussions, Boog Brown, Rita J., Dynazzi, Signif, DJ Lyrik. Une reconnaissance et un partage qui teinte les 12 tracks balancés comme des droites bien placées d’une douce vigueur.

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Photo par Simon Bonneau de chivteam.

Notons le très enrobant « Louder », « Fifty Fifty » et « Mouvement », syncopés, complices, « Le Tic Tac » éclair en équilibre, « Byebye Madeleine » ou « Got this » ensorcelants et aquatiques comme des sirènes assoiffées. A retenir « Spleen extremis » ode à tous les poètes zappés de notre société productiviste (et petit clin d’oeil au maudit Baudelaire, père de tous les errants de la plume?) et « Rose combat » qui tord le cou au machisme hip hop d’une pichenette versificatrice. L’ensemble rebondit sur les mélodies aérées de Vin’S da Cuero pour offrir un très bel album, … et mettre en lumière une poétesse de très grand talent.

Et plus si affinités

www.mentalow.com

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