Album : Pierce Warnecke – Memento Mori

Je ne pensais pas un jour chroniquer une Vanité sonore, même la Danse Macabre de Saint Saëns  ne relève pas du genre ; et pourtant … c’est chose faite désormais en m’attaquant à la chronique du dernier (mort)-né de Pierce Warnecke.

Memento Mori : rappelle-toi que tu vas mourir. Une tradition artistique qui fit les beaux jours de la peinture médiévale, au même titre que les Ars Moriendi et autres rondes des morts. Avec un artwork noir funèbre où se détachent les blancs rouages d’un mécanisme implacable, Memento Mori va conjuguer les rythmes  en marche funèbre piétinant les espoirs et les souffles de vie.


Pierce Warnecke – Memento Mori – teaser by BEE Records

En sept morceaux, Pierce Warnecke décline plusieurs réactions humaines face au trépas qui approche.  Bob Fosse avait fait de même dans All that jazz, décrivant la lente agonie d’un chorégraphe new yorkais en différentes étapes dont la dernière est l’acceptation. Ici les cas de figure s’appellent « Death of a mortal » cascade de notes synthétiques, rythme lent syncopé, comme un cœur qui peine, qui se dérègle progressivement, un infarctus sonore, « Dance of the dead », sirènes d’alarme, oppressant, choc des os qu’on lance dans la fosse commune, « In god we trust », « Body turned », « Station », « Eternal Bliss » … doucement l’album passe de l’electro sombre teintée de légères pointes de dubstep pour devenir musique contemporaine, froide, désincarnée comme la tombe.

Un parcours aussi intéressant qu’éprouvant, une expérimentation musicale au milieu de laquelle trône « We sleep » en majesté : avec de nettes ramifications dépêche modienne, des synthés très vintage, très profonds, une tessiture sonore dense, cette ample mélodie est relevée ça et là de virtuosités sonores, sons d’ordinateurs défaillants. On y retrouve les grandes heures de la cold wave qui vous prend aux tripes, très profond dans la plexus comme une main de fer, la marche tranquille des dames blanches, l’apparition noblement douloureuse du spectre d’Hamlet dans le vent d’Elseneur.

Une perle qui traduit en notes les mots de Shakespeare :

To die, to sleep;
To sleep: perchance to dream: ay, there’s the rub;

(Hamlet, Acte III, scène 1.)

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Et plus si affinités

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