Album : MeLL – Relation Cheap

Rien que le titre de ce nouvel album en dit long sur le caractère de la demoiselle. Et sa verve plutôt piquante. Et sa lucidité désarmante.

MeLL : une grande tige à la tignasse de Gavroche, au regard désarmant, à la dégaine de rockeuse, quelque chose d’un Bashung en jupon, une Grande Sophie abreuvée au gin, une Mademoiselle K qui aurait décidé de ne plus jouer dehors ? Non car MeLL … bah c’est MeLL. Pas d’équivalent. Je la croise dans les toilettes du Pan Piper le soir des 30 ans de LO, se décoiffant savamment devant la glace tandis que nous retouchons nos maquillages. Pour la photo. Nous ferons gel commun (merci MeLL), car sachez-le, Messieurs, sous toute rockeuse graveleuse et rentre dedans qui se respecte, sommeille une coquette romantique, une pointilleuse élégante, une Célimène qui soupire après son Alceste après l’avoir viré manu militari parce qu’il se l’est trop joué, ce crétin fini !

Et à ce jeu, MeLL la moderne Précieuse, la poétesse, s’y entend pour perdre/gagner, se paumant volontairement sur les tortueux chemins de la carte du Tendre. Car on le sait bien, les passes d’arme affectives sont aussi cruelles que des corridas, n’est-ce pas « O mon amour » ? Et les mots de MeLL de se poser comme des morsures sur nos ressentis de femelles fières blessées par les silences des bad boys qui préfèrent faire les vaniteux  que de dire leur timidité maladive devant d’aussi jolies amazones, « Un pied dans le vide » en quête d’une liberté qu’elles ne solderont sous aucun prétexte.

Et pour sûr MeLL n’a rien de ces petites poupées fragiles qui vous tiennent l’entre jambe d’une larme, d’un refus, messieurs les guerriers. Elle vous le dit d’un sourire mi figue mi-raisin, les gars, en éreintant sa guitare comme elle aimerait le faire de vos derrières quand vous faites les stupides, vous croyant malins. De mélodie en refrain, sur 10 morceaux aux accents rock indéniables et assumés, la belle MeLL raconte nos émois de filles au cœur qui s’effrite, jusqu’à cette reprise du « Succès fou » de Christophe, déclaration soudainement transgenre et équivoque.

Et de jongler avec les paroles, avouant sans fausse honte à quel point elle est paumée sans amour, s’en étonnant presque comme une gamine qui expérimente l’addiction sentimentale telle un champignon hallucinogène : « Quelque chose se meurt », « Elle rêve », « Sur le départ », … MeLL se fait séductrice, dévoreuse, louve vorace qui part en chasse du prince charmant, secrètement désireuse de devenir elle-même la proie d’un chasseur amoureux, et convaincue que si elle ne bouge pas, jamais le chasseur ne viendra.

Et plus si affinités

https://www.facebook.com/mellturbo