Album : Lenny Kravitz – Strut

« To Strut » : étayer, épauler.

Eh bim, rien que le titre du nouvel LP annonce la couleur : amour, contrarié ou heureux, épanouissement, recherché ou vécu, fusion avec l’Autre, la Femme, qu’on vénère, qu’on adore, qui aime en retour, peut détruire aussi, par sa nonchalance, son mépris, … la Femme qu’on adule, qu’on aide, qui aide, avec laquelle on vit, avec qui on baise langoureusement, avec qui le sexe est bonheur comme le fait de manger, de rire, de dormir, de se balader dans les rues de New York, cette éternelle amante urbaine …

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Ah décidément il nous le fallait, cet album de Saint Lenny, pour reprendre du poil de la bête dans la tourmente, cette bête de toutes les beautés qu’il chante, fille d’Eve, Sainte lumineuse. « The Beast », « Frankenstein » : c’est que l’amour peut rendre monstrueux parfois, quand il est refusé, quand il est dévorant. Et sublime quand il est donné. Amoureux inconditionnel du beau sexe, comptez, Mesdames sur ce Monsieur pour vous enlacer de ses mélodies, pour vous faire sentir la plus belle, la plus sensuelle, la plus savoureuse, la plus dangereuse …

Et vous reconnaître ce pouvoir total que nous avons sur nos amants, que nous pouvons foudroyer d’un « Non ». Faut avouer que ce mec a un don : pour dire et chanter l’amour, pour avouer ses peurs d’amant, de mec épris, terrorisé qu’on l’abandonne. Du coup avec des mots simples et universels, ce beau diable au sourire d’ange, au profil si rassurant de fauve apprivoisé fait tomber les stresses, les angoisses, les frustrations d’un accord de guitare, d’une note de piano, d’un riff de saxo. Strut n’est peut-être pas une bombe innovante dans sa longue carrière, certes, mais il est continuité, tranquille et stable, dans la poursuite de cet absolu affectif auxquels nous nous accrochons tous.

L’art de la perte ? Lenny est contre, et le clame, mettant en garde la malheureuse qui le larguerait, cette conne ! Bah oui, « to strut » veut aussi dire « faire la roue » et on retrouve soudain cette fierté masculine propre au paon, si facilement écornée par nos ironies de donzelle à la langue acérée. Aaaaaaaah merci Lenny de le reconnaître avec autant de candeur élégante. « I’m a believer », « The pleasure and the pain », « Strut », « Dirty whote boots », … Lenny baladin moderne, troubadour souriant, qui nous met du baume au cœur, et une petite claque câline sur les fesses, histoire de nous coller sur la piste de danse.

Thérapeute de groupe le Lenny, et efficace avec ça. Bref d’utilité publique dans ce monde de brutes. On en avait besoin, dans ces temps sombres et destructeurs, où l’on nous broie à petit feu. « I’m a believer. I can feel it in my bones ». Merci Lenny de ranimer la flamme et la foi dans l’humain. De nous rappeler que nous sommes vivants.

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Et plus si affinités

http://www.lennykravitz.com

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