Album : June Bug – A Thousand days – Atypeek Music – 2018

Étienne Daho ne s’en est jamais caché, s’il a adopté l’étiquette pop, c’est pour la marge d’action stylistique qu’elle lui offrait. Pour le coup, le duo de June Bug pourrait revendiquer ces propos. Et leur premier album A Thousand days prouve leur virtuosité en la matière, ainsi qu’un sens certain et désiré de l’hybridation des genres.

Remarque, un observateur attentif de l’évolution du groupe aurait pu s’en douter. Sarah June ne chantait-elle pas en 2015 « You don’t know who I am », insistant sur un côté bad girl qui ne transparaît pas forcément au premier abord ? Il faut dire que la demoiselle affiche un air de poupée anglaise étonnée, naïveté feinte bien sûr, mais ça on ne le découvre qu’en écoutant cette galette surprenante, qui joue volontairement des cassures de genres, des ruptures de rythme, des brisures mélodiques.

Harmonieux par instant comme un madrigal élisabéthain, énergique et torturé comme une mélopée des Cocteau Twins par d’autres côtés … tout cela gratte comme une piqure de punaise, une morsure d’insecte malicieux et pervers. June bug donc … avec une forte dose de son synthétique, un sens consommé de la cadence, une enfilade de prières et de confessions, d’avertissements … A Thousand days s’approche comme un objet musical débridé et intime, une confidence bipolaire …

Et quelques petits joyaux comme « Reasons », « Freaks », « Left out », « Let it rest », … bref Sarah la punaise et son petit camarade jeu Béryl Benyoucef savent y faire quand il s’agit de briser les codes, de faire tomber les murailles des genres, et d’arracher gaiement les étiquettes qu’on colle un peu trop à l’emporte pièce. Pour eux, ça sera pluralité et rien d’autre. Une recette qui a de l’avenir.

Photo Simon Verkant

Et plus si affinités

http://junebugacoustic.tumblr.com

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