Album : Ina Ich – ii3 – iNH-iCH PROD – 2016

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Au XVIeme siècle cette nana aurait été brûlée en place de grève comme sorcière. En comme toute bonne enchanteresse qui se respecte, elle aurait jailli du brasier telle une dragonne, réduisant de son souffle enflammé l’assistance venue imprudemment applaudir son supplice. Puis, narquoise et seule, enfin, encore et toujours, d’un coup d’aile elle serait montée au firmament avant de voler vers d’autres cieux. Admirée et crainte. Libre et indomptable.

A propos d’INA ICH, nous en étions restés à une trouvaille admirative devant tant de hargne et de talent. Confirmation avec ii3, nouvel album et troisième gestation opérée dans la syncope hystérique de la guerrière froide, calculatrice et consumée de colère. Petites midinettes, dragueurs, machos, pontes de l’industrie musicale, garez vos miches, c’est à coup de tronçonneuse que la belle féroce va vous tailler une short, des croupières et le cuir, vous réduisant en bouillie d’un seul regard au lazer.

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Scarification absolue pour les minables, table rase des modes prémâchées où les femmes se réduisent complaisamment, ces bécasses aveugles,comme dans une ceinture de chasteté psychique (sublime et explosif « Rien à foutre ») … « Ma chair et mon sang », déjà très appréciée dans l’EP sorti au printemps 2015, n’était qu’un tour de chauffe avant ce bombardement émotionnel dont la rare violence verbale et rythmique s’harmonise en 12 tracks electro rock à la Kill Bill, guitare à l’appui.

Jouissif, sanglant et nécessaire, même dans ses minutes de répit (les très beaux « Tes silences », « Maman », « Je t’emmène », gorgés de regrets et de tristesse face à la monstruosité de l’humanité, dans la guerre comme dans l’amour) ii3 est dur par nécessité, comme la seule réponse de survie à opposer à un univers sans pitié. Oeil pour œil, et tant qu’à faire, vaut mieux attaquer la première … Ou quand la loi du Talion est appliquée préventivement par un croisement biologique de Médée, Circé et Xenia.

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INA-ICH par Ève Dulac-Ackley

Synthèse parfaite de l’album, « La fin du monde » appelle à la rédemption alors que nous marchons tous au précipice avec une candeur ravie et idiote. Apocalyptique à la manière des premiers romans de Dantec, la musique de INA ICH dépasse le nihilisme punk des émois contestataires 70’s pour s’adapter à l’esprit ultra connecté de ce début de siècle, où toutes les valeurs se mêlent, s’effacent et se redéfinissent dans un grand maelstrom. Avec la puissance centrifuge d’un trou noir dont on ne réchappera pas ?

Et plus si affinités

Pour en savoir plus sur ii3, connectez vous sur le site de INA ICH :

http://www.ina-ich.net

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