Album : Group Douech & Cheveu – Dakhla – Sahara – Session – Born Bad Records – 2017

Ouh là comme on en avait besoin, de cet album ! La rencontre artistique entre les expérimentateurs rock de Cheveu et le combo saharien Group Douech a en effet tout de la déflagration miraculeuse, une Genèse glorieuse, la preuve d’une humanité commune, indéracinable, universelle.

Le voyage que nous proposent ces Mad Max musicaux sillonne les routes de l’Afrique saharienne, sous le soleil ardent des origines du monde. Musique ancestrale des bédouins, rage du rock le plus viscéral, le patrimoine culturel est de semblable intensité, et les influences, les volontés se marient ici avec harmonie : on ressort de cette écoute avec un moral en béton, la tête giflée par le sable du désert, le sirocco de la liberté.

Cela tombe bien, la période accumule la connerie en barre, une véritable production industrielle de l’intolérance et de la violence, c’en est stupéfiant de régression. Marre du repli sur soi et ses petites habitudes, ses croyances étriquées, sortez de votre terrier, ouvrez les yeux sur la planète, bordel ! Prenez votre destin en main ! Quel beau cri de ralliement, modulé au travers de dix morceaux chargés de la poésie des griots africains, qui chantent le quotidien d’une terre de feu, belle, sauvage, indomptable.

Nous sommes de longue date des habitués des hybridations culturelles, en témoigne notre soutien au projet Mixatac de Marsatac, notre enthousiasme pour le travail des Midnight Ravers, pour The Egyptian Project et j’en passe. Parce que toutes ces démarches biffent d’un trait sans appel le mythe de l’incompréhension des peuples, des différences entre civilisations. Et le bébé commun de Cheveu et Group Douech s’inscrit dans ce combat, avec éclat, avec originalité, un sens aigu du mix mélodique.

Et une capacité évidente à pondre du chant de combat, engagé, hypnotique, ne serait-ce que le fascinant « Hamadi », le somptueux « Charaa » entre mélopée religieuse et conte psychédélique, l’enivrant « Bords de mer » aux parfums salins et chamaniques, le trépidant « Azouane », rebelle jusqu’à la moëlle. Il n’y a pas à dire, des guerriers de cet acabit, nous avons un besoin urgent !

Photo Arnaud Contreras

Et plus si affinités

http://shop.bornbadrecords.net/album/dakhla-sahara-session

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