Album : Anna Aaron – Neuro

Pour son nouvel opus discographique, la suissesse met la barre haut en s’inspirant du roman Neuromancer. Rédigée par William Gibson, cette dystopie éditée en 1984 décrit une société violente plongée dans la drogue et le capitalisme destructeur. Elle devint le socle fondateur du cyberpunk tel que le portèrent Matrix, Akira ou Ghost in the Shell.

Et de fait c’est en quête de ces impressions postapocalyptiques mêlées de colère, de résistance et d’abandon que Anna Aaron part, chasseuse d’un nouveau genre, armée de son talent de musicienne, sa voix détachée, douce, à peine vibrante, d’émotions contenues. Bondissant de mélodies douces et éthérées en syncopées dures et inhumaines, elle tisse un album hallucinant et intériorisé.

Cataclysmique quand on écoute les harmonies de “Girl”, “Labyrinth”, « Heathen » ou le superbe “Neurohunger » qui se gorge de cette atmosphère futuriste, donnant à Neuro soudainement la dimension d’un opéra sidéral en 12 tableaux, qui synthétisent la juste et sonore transcription du terme initial « neuromancer », hybridation entre intelligence artificielle et magie prédictive.

L’ensemble est d’une poésie absolue, suspendu dans le no man’s land séparant le visionnaire de sa concrétisation, qui se conclut sur la touche délicate et si fragile de « Simstin », éclat de diamant d’une incroyable pureté qui propulse Anna Aaron en une fraction de seconde dans un univers interlope et fécond où Damon Albarn ferait sa cour d’amour à Kate Bush.

 

Et plus si affinités

http://www.annaaaron.fr/

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