A l’avant-garde : Paños – Prison break

Une avant-garde un peu spéciale puisqu’occultée par la bannière de Sidaction affichée en haute de notre page Facebook. Du coup pas de mise en lumière de ces Paños, et c’en est presque ironique puisque ces dessins ont été façonnés dans l’ombre des prisons de Los Angeles. C’est en effet une plongée dans la subculture latino des gangs et de l’incarcération qu’opère la galerie Christian Berst avec l’exposition d’une cinquantaine de ces dessins réalisés à l’encre sur mouchoir. Les paños, diminutifs de panuelos (mouchoirs en espagnol), sont pour les prisonniers souvent illettrés et isolés un moyen d’expression, de communication et d’espoir.

Réalisées au stylo bille, ces enluminures précieuses évoluant entre sacré, tattoo, pin up, voitures, street art, histoire du Mexique, pop art et dark culture sont le fruit d’une technique que les détenus se transmettent depuis les années 40 dans le secret des cellules comme un rite supplémentaire d’intronisation.

Et de reconnaissance si l’on prend l’exemple de Boris Santamaria, qui s’est imposé comme artiste à part entière via ce medium, extériorisant ainsi son quotidien de violence, de drogue et de rébellion au yeux d’un public fasciné. Un intérêt qui a propulsé l’art carcéral à la biennale de Venise 2013 en attendant l’exposition dédiée au prépare le Musée du Quai Branly.

En bref, ces Paños prouvent une nouvelle fois que l’art brut a su s’imposer comme une véritable valeur, une culture parallèle et marginale certes mais désormais incontournable.

 

Et plus si affinités

http://www.christianberst.com/fr/exposition/panos.html

 

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