Album : Jim O’Rourke – Simple songs – Drag City

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La sortie d’un nouvel album de chansons de Jim O’Rourke après des années d’expérimentations et de projets instrumentaux est un événement. Du genre de ceux qui permettent une mise à jour sur la côte d’un artiste dont la réputation a presque dépassé la discographie. Légende post-rock, électronicien radical, producteur jazz, arrangeur pop virtuose…c’est justement cette dernière étiquette qui réapparaît avec Simple songs.

On peut, cela dit, comprendre l’agacement de l’auditeur, nouveau venu ou habitué, devant ce jeu quasi permanent autour de la visibilité de l’artiste : son utilisation des degrés de lecture des codes musicaux, détournés en douceur, des périodes musicales revisitées par un génie au profil bas qui ne veut plus quitter le Japon,…Si le copyright « Iconoclaste » n’existe pas encore, Jim O’Rourke peut en revendiquer les droits musicaux.

Et puis arrive le moment de l’écoute … Pas de révolution, un confort presque, qui pourrait sembler suspect chez d’autres musiciens. Mais cet art de la mélodie changeante et de l’orchestration où chaque instrument à sa chance, n’ont qu’une seule signature. La voix, encore récemment critiquée par un nerd musical sévissant sur internet, pour sa fadeur ou son manque de présence, fait pourtant partie des retrouvailles.

Deux inspirations, références ou associations frappent cette fois. Des chansons qui s’emballent parfois, ne reculent pas devant les envolées. Comme un exercice sur le fil électrique, au bord du prog-rock /pop plus ou moins emballant de la fin des 70’s. Mais qui évite toute lourdeur par une pirouette d’écriture, verbale ou musicale (sur le titre « Half-life crisis » par exemple). Et puis, ce ne sera pas nouveau, l’esprit de Burt Bacharach (immense compositeur, chanteur peu considéré) plane encore sur cet album. Via l’extrême élégance d’un arrangement qui vient modestement décorer une mélodie, la rendre encore plus agréable. Ou ces cordes, cuivres, habilement placés, ou carrément en force sur le final épique « All your love ».

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Ajoutez au moins une ballade pour île déserte (« These hands »), un ou deux chansons oubliées près du pianiste, après la fête sur la plage…et Simple songs de postuler ainsi au titre d’album-curiosité de plusieurs étés à venir.

Et plus si affinités
http://www.dragcity.com/products/simple-songs

 

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